Historique

Le lycée en 1960L'atelier "moteur tournant" en 1960Le lycée aujourd'hui

On ne saurait parler du Lycée Professionnel Maritime des pays de la Loire sans évoquer la Société d’Enseignement Professionnelle et Technique des Pêches Maritimes créée le 16 mai 1895 à Saint-Malo à l’initiative de philanthropes tels Emile Cacheux, son premier président assisté de Ferdinand Buisson et Pierre Loti.

Leur devise était «il faut apprendre leur métier aux pêcheurs, aider les populations côtières à entrer dans le mouvement général du progrès». La formation maritime était officiellement née. Vingt écoles sont créées sur le littoral français.

Chaque école a son propre statut, son rythme de fonctionnement, dépendant du métier pratiqué par le port, de son rattachement éventuel à l’école publique communale, de la situation de son enseignant. Elles conservent une certaine autonomie, une souplesse de fonctionnement qui leurs permettront de fonctionner selon cette formule jusqu’en 1941.

Le 16 juillet 1941, l’Association de Gérance des Ecoles d’Apprentissage Maritime voit le jour sous l’égide du secrétariat d’état de la Marine Marchande. Le but des EAM était de pouvoir disposer, dans l’avenir, d’équipages qualifiés, d’éviter que les garçons des régions côtières ne soient désoeuvrés en l’absence de marine de commerce et de pêche et de les protéger du STO. Ainsi naît l’Ecole d’Apprentissage Maritime de Nantes qui dans un premier temps, occupera la caserne Cambronne. Des officiers de la Marine Marchande, détachés de leur armement pour quatre ans, dirigeront successivement l’établissement. Les instructeurs sont d’anciens navigants à qui il est demandé régulièrement d’embarquer afin de suivre l’évolution des techniques liées au milieu maritime. Plusieurs générations de marins ont fréquenté ce navire dont la spécificité maritime avait pour objectifs une éducation virile, professionnelle, sociale et artistique (chants de marin), un esprit d’équipe et de communauté comme l’impose la vie à bord. L’internat obligatoire participait à cette ambiance de bord. Dans l’EAM à Cambronne, les hamacs sont fournis par la Royale. Les élèves sont partagés non pas en classe, mais en canots de 12 élèves. Ainsi l’instructeur maintient l’éveil et la motivation de son jeune équipage. Les baleinières, mouillées au pont de la Motte Rouge, remontent régulièrement jusqu’à Sucé/Erdre sous voiles ou en tirant sur l’aviron.

Dans la nouvelle école ancrée au port Boyer depuis l’inauguration par le secrétaire d’état à la Marine Marchande le 22 février 1958, la formation proposée est le Certificat d’Apprentissage Maritime pêche et commerce. Les symboles maritimes qui décorent les façades de l’établissement sont l’oeuvre de la sculpteure Melle David. Très rapidement, l’EAM de Nantes deviendra le navire amiral du réseau en étant la seule école à proposer une 3ème année aux meilleurs élèves issus des autres établissements de l’AGEAM. Une majorité de ces élèves méritants intégrera l’Ecole Nationale de la Marine Marchande de Nantes par le biais de la promotion sociale si chère au milieu maritime.

Il fallut attendre les années quatre vingt pour qu’un second souffle dynamise à nouveau la formation maritime à Nantes. L’annulation du projet d’une rocade sur les bords de l’Erdre, la visite du ministre de la Mer Louis Le Pensec le 03 février 1983, la mise en place de formations conchylicoles mais surtout les lois de décentralisation et la prise en charge des lycées par les régions contribueront au développement de l’école. La réforme Loquet du nom du président de l’AGEMA consolidera l’enseignement maritime et permettra au Lycée Professionnel Maritime de Nantes de proposer les BEP Maritimes de marin de commerce, machines marines et pêche tout en maintenant le CAP Maritime de marin-pêcheur. Parallèlement à la formation initiale, la formation continue financée par la région, organisée et proposée dans l’établissement et sur les ports de Vendée et de Loire-Atlantique répondra favorablement à la demande des professionnels des secteurs de la pêche, du commerce et de la plaisance professionnelle.

Sous la tutelle pédagogique du ministère de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, l’école doit pouvoir continuer à répondre aux évolutions propres au milieu maritime. L’explosion du transport maritime mondial, le développement des ports de plaisance, la raréfaction de la ressource halieutique et la mise en place d’une pêche durable engagent l’établissement dans la voie de la modernité. La certification ISO 9000, la mise en place en 2003 de nouveaux référentiels des BEP Maritimes ainsi que l’ouverture d’un baccalauréat professionnel d’électromécanicien marine en 2007, la rénovation programmée des ateliers et de l’internat sont autant d’aménagements et d’innovations correspondant à l’attente et des armateurs, et des futurs marins.